Sur la route de Saint Alban

de collines
en vallons
de coteaux
en chemins creux

lames aux reflets d’acier
crinières argentées
sous le vent
galopent les oliviers

son souffle effleure les ramures
sa force emplit les courants
feuilles balancées
rafales enflammées

des versant aux sentiers
des sentiers en abîmes

les courants s’insinuent
les élans s’amplifient
les courses s’accélèrent

bronze pali, tendresse gris-vert
argent vieilli , douceur d’amande
l’air s’est grisé de la palette
d’un dimanche de mai

sur l’olivette
où folatraient
les chevauxde Persée
les faunes du Pic St Loup
et les poissons du lac aux écailles irisées

Sus lo camin de Sant Alban

de còlas
en valons
de costals
en camins fonzes

lamas dels rebats d’acièr
crinièras argentalas
jos lo vent
galaupan los olius

son bof florèja la ramada
sa fòrça comola los corrents
fuèlhas trantoladas
auradas enfuòcadas

dels penjals als dralhons
dels dralhons als avens

los corrents s’enfaufièlan
los vams s’alandan
e las corsas s’abrivan

aram apallit, tendresa gris vèrda
argent vièlh, doçor d'amètla
l’aire s’embriaguèt de la paleta
d’un dimenge de mai

sus l’oliveta
ont folastrejavan
los cavals de Persea
los òmes bocs de la Poncha Sant Lop
e los peissons dau lac de las escaumas d’arc de seda

 

La route longue

la chaleur n’a pas quitté la nuit
pour respirer les heures immobiles
la maison a ouvert portes et fenêtres
au petit jour je n’étais plus là
l’ailleurs était venu
chargé des heures  hautes
des odeurs dorées
des grands pans de l’été
senteurs de chaumes
champs fauchés
envahis des courants de la terre
balayés des souffles des étendues sans fin

alors j’ai plié outils et bagages
et mes livres des grands rêves

j’ai pris la route longue
qui mène vers l’amont
j’ai fui la ville éreintée
de canicule et les rues arrosées d’illusoire
sur la voie Régordane
j’ai retrouvée le fil qui me liait aux monts bleus
embrumés des voiles de promesses

ainsi j’ai suivi de village en sous-bois
de ravins en prairie
de ruisseaux en murailles
de talus en rivières
le grand pays qui me mène en Limagne

 

Le renard

au beau milieu
des champs de pierres grises
l’onde de chaleur approchait lentement
couleur mouvante
dans la chaleur diffuse
irruption feutrée
dans la blancheur de l’hiver

fallait il que certitude
ou quête d’un retour inscrit
le pousse à se risquer
aux aguets

balancé
par les remous des genêts
grisé par la douceur des cistes

il effleurait magique
les marbres de février
se glissait furtif le long des clapas
quand surpris par le frémissement
d’une présence lointaine
il rebroussa chemin

disparurent
les coulées de lumières
les ailleurs cachés
les silencieuses beautés
les audaces singulières

demeurèrent
les drailles de la vie
la force sauvage
la douceur fugitive
les odeurs de grandes terres

...des images à jamais ...
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