Dans tes yeux, la nuit...
dans tes yeux
je vois
la nuit en souvenir
tes randonnées secrètes
tes passages gardés
quand tu as rampé
telle couleuvre
les branches
se faisaient vagues d'océans
à terre
les feuilles se faisaient douces
le grand ciel
couvrait tous les champs de l'été
le grillon
embellissait la grande nuit
ton regard en embuscade
tout ton être immobile
et ton souffle tapi
tu guettais
silencieuse
toi seule
dans la lueur des étoiles
ce matin
dans tes yeux
tout cela, je le vois
parce que j'étais avec toi
 |
dins tei uélhs, la nuèch
dins tei uèlhs
vèse
la nuèch en sosvenènça
tei barrutlages secrèts
tei passatges gardats
quand as liscat
coma colòbre
lei brancas
se fasiá èrsas d'ocean
a terra
lei fuèhas se fasián doças
lo cèl grand
cobrissià tótei lei camps d'estiu
lo grilh
embelinava la nuèch granda
ton agach a l'espera
tot ton èstre immobil
e ton bof amatat
gaitava
slenciosa
tu soleta
dins la lusor dei estelas
de matin
dins teis uèlhs
tot aquò, lo vese
d'abord qu'ère ambe tu
 |
il est une merveille
il est une merveille
derrière la gouttière
elle se cache toute grêle
pour pas qu'on ne la trouve
elle se dit fidèle
à la terre de garrigue
accrochée
à son coin minuscule
tout simple de poussière
d'année en année
personne encore ne l'a vue
elle pousse en silence
à l'ombre de la gouttière
elle grimpe, elle grimpe
vers le ciel
qui lui arrive
en averse, en éclaboussure, en bruine
patiente
elle prend tout ce qui lui donne vie
la vigne discrète derrière la gouttière
7 octobre 2009 |
entre ombre et soleil
j'ai lu ces poèmes
à la fin de la nuit
avant que ne se lèvent
les filets de l'ennui
j'ai relu ses poèmes
avant que ne s'arrache le jour
des serres de la nuit
j'ai retenu des poèmes
parce qu'ils sont de la vie
ce que ton âme appelle
ce que ton âme fuit
cessez donc de marcher
entre pavés et caniveaux
murs effondrés et fenêtres fermées
laissez glisser vos regards mouillés
à l'ombre de vos pas
là où a pu se faufiler
la graine du figuier
là où elle s'est arrétée
là où elle s'est arrimée
le soleil est arrivé
octobre 2009 |